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"La réforme fiscale supprime des inégalités"
Interview avec Gilles Roth dans l'Essentiel
Interview: L'Essentiel (Joseph Gaulier)
L'essentiel: Diriez-vous que le Luxembourg se porte mieux que les pays voisins?
Gilles Roth: Nous faisons face aux mêmes défis, mais nous avons la chance que les revenus d'impôts se portent bien. C'est principalement lié à la place financière, qui représente près de 40 % du PIB. Malgré les efforts de consolida tion budgétaire, nous faisons en sorte de garder la cohésion sociale.
L'essentiel: Les bons chiffres du troisième trimestre sont-ils pérennes?
Gilles Roth: Sur les neuf premiers mois, les recettes globales (impôts, TVA, taxe d'abonnement, accises, etc.) dépassent 22 milliards d'euros. L'héritage de 420 millions pèse pour moins de 2%. C'est relativement modeste, bien que cette manne soit un coup de pouce qui a permis de financer la tripartite.
L'essentiel: Tout est-il prêt pour la réforme fiscale?
Gilles Roth: Il s'agit d'une réforme d'envergure, avec l'introduction d'une classe d'impôt unique, qui supprime certaines inégalités: un décès ou un divorce n'impliquent plus de grand changement fiscal. La réforme adapte la situation fiscale à la vie quotidienne. Le système actuel avantage les ménages monoactifs (NDLR: quand un seul des deux adultes travaille).
L'essentiel: Tout le monde y gagnera-t-il? Des critiques ont été émises.
Gilles Roth: L'avantage de la classe 2 pour les couples mariés perdurera, notamment pour les monoactifs. Ce qui est vrai est que ceux qui se marient à partir de 2028 seront traités comme les autres. Mais le nombre de ménages monoactifs est limité, moins de l 000 dont les revenus dépassent les 75 000 euros par an, pour les jeunes ménages. Pour les familles monoparentales, si l'avantage de la réforme peut sembler limité, c'est qu'il a été intégré en avance, dès 2025.
L'essentiel: Le seuil de 30% de dette par rapport au PIB reste-t-il un objectif pour vous?
Gilles Roth: Il n'est pas dans le programme de gouvernement (NDLR: c'était le cas avec la précédente coalition). Mais maintenir la dette à un niveau très bas reste de vigueur. Le seuil de 30 % de dette guide l'approche du gouvernement, même si un dépassement temporaire ne serait pas une catastrophe.
L'essentiel: Une nouvelle réforme des retraites est-elle inévitable?
Gilles Roth: Nous ne pouvons pas fermer les yeux devant la réalité: la population vieillit, il faut en tenir compte au niveau du financement des retraites. Je reste un adepte du premier pilier (NDLR: pension de la Sécurité sociale basée sur le régime par répartition). Il faut compter sur des retraites additionnelles par capitalisation, le gouvernement le soutient par des avantages fiscaux. Il faut assurer la pérennité du système, nous avons fait un premier pas avec la hausse du taux de cotisation et de la durée des carrières.
L'essentiel: Continuez-vous à négocier avec les pays voisins sur le télétravail?
Gilles Roth: Nous avons eu des discussions qui n'ont pas abouti à ce stade. Nous voulions passer de 34 jours par an sans impact fiscal pour les salariés à 40 ou 45.Il y a des revendications des États voisins pour des compensations auxquelles je ne suis pas fermé. Mais il faut qu'il s'agisse d'investissements dans l'intérêt des frontaliers.